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Europe > Espagne > Paco de Lucia // Paco de Lucia![]() Portrait de: Paco de Lucia
Le Prince andalous
Une araignée. On dirait une petite araignée. Comme si elle était indépendante, la main de Franscico monte et redescend le manche de la guitare inlassablement. Des gamins jouent dehors. Ils courent sous le soleil de 17 heures mais Franscico lui, voit encore les doigts véloces des amis de son père venus jouer hier soir à la maison. L’école, les jeux, ce n’est pas pour lui, son père Antonio le lui avait déjà plusieurs fois expliqué. Sa famille gagne sa vie grâce à ses mains. Alors Franscico Sánchez Gómez qui se fait appeler Paco de Lucia travaille sa dextérité. Petit dernier de cinq fils, Paco n’est pas spécialement précoce. Toute la famille a commencé la musique au berceau. Il a déjà donné une représentation il y a moins d’un an en direct à la radio d’Algecira, petite ville de la localité de Cadix où il est né, et vient de gagner le prix spécial du jury du concours Certamen Flamenco de Jerez 1959, en accompagnant son frère Pepe.
La carrière de l’adolescent est lancée, on lui propose d’être troisième guitare dans la « Compañia de ballet clasico-español de José Greco ». Il part en tournée aux Etats-Unis où il va rencontrer Sabicas, l’un de ses maîtres. Il travaille 11 à 12 heures par jour et son talent commence à s’affirmer. Après La Fabulosa Guitarra de Paco de Lucia, son premier album sorti en 1967, il enregistre Fantasia Flamenca. A l’époque il revient d’une tournée européenne durant laquelle il a rencontré Camarón de la Isla. Paco de Lucia tombe éperdument amoureux de cette voix hors du commun. Le couple passe des nuits entières à jouer et chanter, à repousser les limites de leur musique. Ils ont à peine 20 ans. Le style du guitariste s’est affiné, il a déjà atteint un tel niveau de contrôle que cette rencontre lui donne des ailes. Les deux jeunes insatiables fusionnent, avec culot et talent, ils réinventent le mode d’expression du Flamenco. Après une dizaine de disques, ils ne sont plus des musiciens respectés mais des monstres sacrés. Le cante jondo de la crevette associé à la virtuosité du tocador ont bousculé toutes les conventions. Leur union prend fin en 1977 avec l’album Castillo de arena. Chacun part de son côté Camarón essaie de nouveaux styles d’orchestration et s’accompagne d’un jeune guitariste encore peu connu, Tomatito.
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